Liberté Egalité Maternité !

 

Dans un monde où tout devient affaire d’autonomie individuelle et d’épanouissement personnel, il existe une liberté plus profonde encore :

 

Celle de pouvoir aimer au point de se donner.

 

Librement.
Sans y être contrainte.
Sans s’y aliéner.

 

 

La maternité m’a appris cela.

 

Qu’on peut se décentrer, sans se perdre.
Porter, sans s’effacer.
Aimer, sans calculer.

S’attacher, sans s’enchaîner.

 

Depuis la nuit des temps, les mères continuent silencieusement de tenir debout quelque chose de profondément humain :

 

Le lien.

 

Étendant l’espace de leur cœur, elles offrent leur autonomie à l’absolue dépendance de leur nourrisson.

De génération en génération, elles accueillent en leur sein le berceau de l’humanité. 

 

S’il est de bon ton de rappeler qu’être femme ne veut pas toujours dire être mère, je crois qu’aujourd’hui, on a aussi besoin d’entendre qu’être mère ne rend pas moins femme. 

Oui, toutes les femmes ne sont pas mères, mais toutes les mères sont femmes.

 

La maternité est toujours l’apanage du féminin. 

 

 

La maternité permet d’aller explorer des territoires aux confins de la féminité. 

Une féminité plus vulnérable, 

à la fois si puissante, 

Profondément traversée.

 

 

Qu’elle émane des entrailles ou du cœur, la maternité pousse le corps, le temps, le sommeil, l’amour et même la peur à leur paroxysme.


Elle révèle une puissance étrange : celle de pouvoir accueillir un autre sans disparaître, de fusionner sans se dissoudre.

 

Elle libère aussi un instinct de protection animal, activant les réflexes les plus primaires de notre humanité. 

 

 

Bien sûr, une femme n’a pas besoin d’enfanter pour être complète.

La non-maternité, qu’elle soit choisie ou regrettée, ne devrait jamais diminuer une destinée.

 

Mais dans une époque qui amalgame souvent la liberté à l’absence d’attaches, je crois qu’il faut aussi redire ceci :

 

Porter, prendre soin, élever, aimer, bref, être mère, n’est pas une aliénation. 

 

 

Non, la liberté au féminin ne cesse pas aux portes de la maternité. 

Enfanter n’est pas un conservatisme dépassé, un archaïsme dont on devrait se libérer.

C’est peut-être même aujourd’hui l’un des derniers actes de résistance qui tiennent notre civilisation debout. 

 

 

Dans nos luttes en faveur de nos libertés, nous n’avons pas à nous affranchir de la maternité.

Car à vouloir s’en émanciper, on se perdrait. 

 

Alors, que nous puissions expérimenter cette sublimation, individuellement ou en tout cas toujours collectivement : 

 

Celle de donner une partie de notre liberté pour voir advenir celle d’un autre.